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jeudi 29 novembre 2018

Prix littéraires 2018



                               

               Prix GONCOURT    Actes Sud       Nicolas MATHIEU

                                                       Leurs enfants après eux

Après s'être confronté au roman noir avec Aux animaux la guerre, paru en 2014, Nicolas Mathieu ,vosgien né en 1978 écrit chez Actes Sud, le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments qui s'achèvent à la coupe du monde en 1998 pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. Quatre étés pour se battre, s'aimer, se détester, perdre, gagner, apprendre.
Ce prix Goncourt est bien un livre politique en ce sens qu'il témoigne de ces territoires oubliés des capitales en France mais aussi ailleurs dans le monde, au sein desquels naissent les rancœurs, les frustrations et la haine de l'autre.



               Prix FEMINA     Gallimard      Philippe LANCON

                Prix spécial du prix RENAUDOT


                                                                 Le lambeau


L' auteur revient sur l'attentat de Charlie hebdo dont il ressort miraculeusement vivant.
Il raconte sa longue convalescence après avoir eu le bas du visage arraché par une balle.
En 500 pages, nous suivons la reconstitution de son corps blessé; les infirmières veillent sur lui, les médecins, notamment Chloë, se relaient à son chevet; les policiers le protègent, son frère ne le quitte pas.
La fin de la chronique est poignante, réfugié dans son village de la Nièvre, il erre," Vous êtes entièrement chez vous et vous êtes un étranger. Et les souvenirs qui restent les vôtres renvoient au fil de l'eau,au-delà du rêve et sous les arbres vers l'avenir incertain"



                  Prix FEMINA Etranger    Quai Voltaire     Alice McDermott

                                                          La neuvième heure


C'est une histoire qui se déroule dans le Brooklyn catholique de la première moitié du XXème siècle. Soignante des pauvres et des malades, Soeur Saint Sauveur rentre au couvent. En chemin elle pénètre dans un immeuble d'où émane une forte odeur d' incendie. Elle y trouve Annie, enceinte, prostrée, entourée de quelques voisins.  Son mari licencié vient de se suicider.
Sr St Sauveur va obtenir qu 'elle soit embauchée à la blanchisserie du couvent.
La neuvième, c'est le moment où après 8 hures de travail harassant, peut enfin s'occuper de son enfant.
Ce roman nullement misérabiliste, mais lumineux confirme la place qu'occupe Alice McDermott parmi les auteurs américains contemporains




           Prix GONCOURT des Lycéens   Seuil             David DIOP

                                                             Frère d'âme


David DIOP, franc-sénégalais, né à Paris en 1966, finaliste malheureux du Médicis, du Goncourt, du Femina et du Renaudot, maître de conférence à l'université de Pau, met  en scène dans ce second roman le basculement dans la folie d'un tirailleur sénégalais qui assiste, impuissant, à l'agonie d' un camarade d'enfance, tué dans les tranchées lors d'un violent combat.
L'auteur s'interroge sur l'illusoire légitimité que l'état de guerre confère à la violence.



      Prix INTERALLIE             Flammarion         Thomas B.REVERDY

                                                      L'hiver du mécontentement

Une étudiante en théâtre dans un Londres paralysé par les grèves de l'hiver 1979, joue dans la pièce de Shakespeare la plus noire: Richard III, personnage à qui l'on doit la célèbre réplique reprise par le Sun cet hiver en de 1979: " Voici venir l'hiver de notre mécontentement"
Rencontres avec d'autres jeunes qui tentent de se faire une place dans un monde sans pitié, rencontre furtive avec Margaret Thatcher venue au théâtre pour travailler sa voix, ce livre séduit par la promenade poétique offerte dans les quartiers les plus divers de Londres.




mercredi 23 novembre 2016

Prix Littéraires 2016

PRIX GONCOURT
Leila Slimani : Chanson douce 

Comment une baby-sitter exemplaire devient criminelle «Le sujet est né du fait que moi-même j'ai eu des nounous dans mon enfance, j'ai été très sensible à leur place dans la maison, où elles sont à la fois comme des mères et des étrangères. J'ai découvert qu'elles pouvaient être des personnages très romanesques», explique la jeune romancière. 

GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADEMIE   FRANCAISE
Adélaïde de Clermont-Tonnerre : Le dernier des nôtres 
Ecrit au masculin, le récit nous emporte à la fois dans le New York de l’après guerre et dans l’Allemagne de 1945 qui déporte, bat et se débat dans une barbarie devenue normalité. L’auteur tisse, entrelace, peint avec le talent qu’on lui connaît les fortunes de ses héros, dont on sent bien qu’ils se retrouveront tôt ou tard pour confronter leurs actes et leur passé. 

PRIX FEMINA
Marcus Malte : Le Garçon 
Sur près de 500 pages, soumises au rythme haletant de chapitres brefs et cinglants, Marcus Malte nous conte, dans une langue lyrique et riche, la geste initiatique et tragique du "Garçon", géant candide monté du sol camarguais et jeté tout vif dans les violences du XXème siècle. L’un des romans les plus puissants de la rentrée. 

PRIX MEDICIS
Ivan Jablonka : Laëtitia 
Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d’être poignardée et étranglée. 
Ce fait divers s’est transformé en affaire d’État : Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Poignant 

PRIX INTERALLIE
Serge Joncour : Repose-toi sur moi 
A l’opposé des livres plutôt sombres publiés cet automne, le roman de Serge Joncour est un roman optimiste, une histoire d’amour qui finit bien entre deux êtres habités par la solitude : Aurore, styliste, mariée et mère de famille déboussolée et Ludovic, un recouvreur de dettes, veuf et taciturne. Le roman, tout sauf mièvre, est un large succès de librairie. 

PRIX FNAC ET PRIX GONCOURT DES LYCEENS
Gaël Faye : Petit Pays 
L’auteur raconte son enfance de métis (père français, mère rwandaise), tranquille et heureuse, au Burundi, au tournant des années 1990. Le chaos pourtant finit par balayer l’insouciance. Un génocide frappe les Tutsis, au Rwanda voisin, en 1994. A la voix du petit garçon se mêle alors celle de l’homme qu’il est devenu, vingt ans plus tard, durablement marqué par le drame. Compositeur et interprète de rap, Gaël Faye s’impose d’emblée, magnifiquement, avec ce premier roman, largement autobiographique. 

PRIX FEMINA ETRANGER
Rabih Alameddine : Les vies de papier 
Conteur habile, Rabih Alameddine compose de savants allers-retours entre passé et présent, au fil d'un récit prenant, teinté d'une mélancolie qui ne se confond jamais avec le goût de la lamentation. Sans jamais basculer dans le roman historique, le livre est aussi un portrait de Beyrouth, dans ses effondrements, ses sursauts et ses heures noires. Sur la place des femmes dans la société libanaise au cours des soixante dernières années, le regard est précis, parfois déchirant. Une jolie réflexion sur la fiction comme vie parallèle et voie d'émancipation… 

GRAND PRIX RTL-LIRE ET FranceTélévisions
Olivier Bourdeaut : En attendant Bojangles 
Coup de coeur, l’an dernier, des BPT du Morbihan, ce premier roman figure désormais triplement dans la liste des prix 2016. 
Dans cette fable pétillante comme une flûte de champagne, la mort est un mensonge et devient prétexte à poésie. On rit comme on pleure au rythme de la valse. 
Ce court roman file sur la piste de danse, robes en corolle et chaussures cirées. En quelques bulles, il est déjà terminé, donnant envie de réécouter encore une fois la voix chaude de Nina Simone dans Mr Bojangles. 

PRIX RENAUDOT
Yasmina Reza : Babylone 
Une fête bourgeoise tourne au drame à cause d'un banal malentendu. Une variation sarcastique sur la solitude, le couple, l'abandon. Perte d'un premier amour inconsolé pour Elisabeth, perte d'une histoire identitaire ratée pour Jean-Lino. Il avoue n'avoir jamais compris ce psaume que son père lisait après dîner, quand il était enfant : « Aux rives des fleuves de Babylone nous nous sommes assis et nous avons pleuré, nous souvenant de Sion. ». L'exil est omniprésent dans Babylone. Dans une société où affluent les réfugiés, Yasmina Reza murmure qu'il est désespérément au coeur de chacun de nous, aussi.